mardi, janvier 13, 2009

Johnny n'a jamais eu beaucoup d'humour (sauf dans les années 70 dans sa "bataille" contre Antoine), mais il vient de perdre une occasion de se taire. Il vient d'obtenir de sa maison de disque qu'elle "interdise" (les guillemets sont de rigueur, il ne s'agit pas vraiment d'une interdiction) la publication d'une chanson qui évoquait sa mort. Chanson qui évoque la Belgique et la Suisse sans grande méchanceté d'un groupe jusqu'à présent inconnu, les Fatals Picards.

Sans cette "censure", jamais personne n'aurait parlé de cette chanson et de ce groupe.

On pense à ce petit moment de gloire que Wharol promettait à chacun de nous, mais aussi aux situationnistes ou à Günther Anders (auquel les situationnistes semblent avoir tant emprunté) : ce n'est plus la censure (comme le dit Le Monde dans son article), mais un fantôme de la censure, une perversion de la censure puisque l'on peut soupçonner la maison de disque qui édite Johnny et ce jeune groupe d'avoir tenté un coup de pub sur le dos de la vieille idole (des jeunes devenus vieux dit assez justement la chanson) pour lancer leur nouveau groupe.

2 commentaires:

Ronan Duparcmeur a dit…

Vous êtes injuste avec les Fatals Picards. Tout d'abord, ils ne sont pas vraiment inconnus (ne serait-ce que pour avoir représenté la France au concours de l'Eurovision 2008, avec de beaux costumes et peu de succès. Et les précisions apportées par le groupe sur son site (http://www.fatalspicards.com, le communiqué n'a malheureusement pas d'URL directe) rendent peu crédible la théorie du complot marketing.
Et puis ils avaient déjà chanté la mort de l'inspecteur Derrick en 2005...

Bernard G a dit…

Je n'avais jamais entendu parler de ce groupe, mais je plaide coupable : je ne regarde pas l'eurovision et je ne suis pas avec assiduité cette activité musicale.
Suis-je injuste avec ce groupe? Je ne le soupçonne pas de manipulation, mais pour ce qui est de sa maison de disque, il en va peut-être autrement. Dans tous les cas, ce qui dans cette affaire m'a intéressé est l'utilisation du mot censure qui avait dans ma jeunesse un sens plus grave : je me souviens enfant, pendant la guerre d'Algérie, de mes parents recevant des numéros de l'Express avec des pages blanches parce que censurées par un pouvoir qui ne supportait pas les dessins de Siné. C'est ce qui m'a fait parler de fantôme de la censure…