jeudi, octobre 04, 2012

Boutin et les handballeurs de Montpellier, même combat

A défaut de partager ses idées, on créditait Christine Boutin d'une certaine rigueur morale, voilà qu'il nous faut déchanter et la ranger du coté des handballeurs de Montpellier blessés que l'on puisse les accuser d'avoir triché quand ils pariaient (ou faisaient parier leur petite amie) contre leur club.
PARIS (Reuters) - L'UMP a promis de verser 800.000 euros à Christine Boutin en compensation du retrait de sa candidature à la présidentielle face à Nicolas Sarkozy, mais la présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD) dément avoir été "achetée". L'ancienne ministre déclare dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles, paru jeudi, qu'elle doit encore toucher trois chèques de 60.000 euros chacun d'ici à la fin du mois de novembre. "Après avoir touché ces trois chèques, l'UMP me devra encore 120.000 euros, dette que (François) Fillon devra honorer s'il est élu président du mouvement", explique-t-elle. Le parti avait déjà versé 500.000 euros sur les 800.000 euros promis. "J'ai malheureusement dû me battre pour commencer à en voir la couleur", dit-elle. Christine Boutin avait annoncé le 13 février dernier le retrait de sa candidature et son ralliement à Nicolas Sarkozy. "Tout candidat à l'élection présidentielle au premier tour touche de l'Etat 800.000 euros. A partir du moment où je me suis alliée à Nicolas Sarkozy, je lui ai demandé de porter mes idées, et naturellement (..) que l'UMP se substitue à l'Etat sur le montant de ces 800.000 euros parce que je l'avais intégré dans mon budget de campagne", a-t-elle expliqué jeudi sur Europe 1. La législation sur le remboursement des frais de campagne prévoit un dédommagement de 800.000 euros pour les candidats effectifs du premier tour de l'élection présidentielle qui ont obtenu moins de 5% des suffrages exprimés. "La campagne était engagée depuis le mois d'octobre et je peux vous dire que mes fournisseurs sont bien contents de pouvoir être payés et il a fallu que j'avance. Cet argent, je ne le touche pas personnellement bien sûr, c'est le Parti chrétien-démocrate, et c'est dans le cadre d'un échéancier tout à fait normal", a poursuivi Christine Boutin. Cette somme, a-t-elle assuré, "ce n'est pas pour le retrait de ma candidature". "Une campagne ça coûte cher". Christine Boutin, qui soutient Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP face à François Fillon, assure que son ralliement est étranger à cet accord financier. "Je suis blessée que l'on ait pu imaginer une seule seconde que j'étais 'achetable'", déclare-t-elle dans Valeurs actuelles.
Je ne suis même pas sûr que l'on puisse parler de corruption au sens propre, juste, Boutin et son catholicisme intransigeant obligent, une pollution des âmes. Entre Copé qui empunte au Front National ses pires saillies et Boutin qui ne se fait pas acheter mais accepte tout de même de l'argent pour ne pas se présenter, l'état moral de la droite (de nos élites?) est désespérant.

L'Europe est déjà fédérale, ce qui explique beaucoup de choses

Avec la création de l'euro, de la BCE et Maastricht nous sommes entrés, sans vraiment le savoir et sans oser nous le dire, dans une Europe Fédérale.

On retrouve dans l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui tous les ingrédients du fédéralisme : des pouvoirs partagés entre Bruxelles, les Etats-nation et les régions, des institutions supra-nationales (la BCE, la Cour de Justice Européenne, le Parlement Européen, la Commission, le haut-représentant pour les affaires étrangères). Tout n'est pas encore lisible pour les Français qui ne connaissent pas bien ce type d'organisation, mais l'est bien plus pour les Allemands dont l'Etat est construit sur un modèle fédéral. Ce qui explique peut-être que l'Allemagne soit bien plus moteurs dans son développement.

Ce fédéralisme de fait a déjà eu de nombreuses conséquences. Il a contribué et continue de contribuer à l'effritement des Etats nation un peu partout en Europe, en Italie (avec la ligue du Nord), en Espagne, en Grande-Bretagne, en Belgique… La  France a échappé, pour des motifs institutionnels, historiques et culturels (une seule langue, une longue histoire commune, la laïcité…) à ce mouvement centrifuge, mais pas à l'érosion du sentiment national qui l'accompagne et qu'illustre le développement de l'évasion fiscale.

L'impact économique de ce fédéralisme est important, comme ont pu le montrer Charles Tiebout dans les années cinquante et, plus près de nous, à propos de la Chine, Barry Weingast et ses collaborateurs .

Ce que nous vivons aujourd'hui en Europe est une illustration de ce que Weingast a appelé le "market-preserving federalism" qui introduit la concurrence entre Etats, bride les gouvernements nationaux, protège les droits de propriété, interdit d'utiliser comme on voudrait l'arme monétaire, force à la rigueur budgétaire (nous y sommes), introduit la contrainte fiscale (nous y serons bientôt si nos voisins ne nous suivent pas dans les augmentations d'impôts) et facilite la mobilité du capital.

La crise n'explique pas seule les politiques aujourd'hui menées. L'autre jour, un journaliste demandait à Arnaud Montebourg pourquoi le gouvernement ne nationalisait pas Florange si cette usine méritait vraiment d'être sauvée. La question a surpris. Il y a quelques années, elle aurait été naturelle et le gouvernement s'y serait sans doute résolu. Dans une Fédération qui impose la rigueur budgétaire et interdit de faire fonctionner la planche à billets, c'est tout simplement impossible.

La France, comme d'autres, doit apprendre à se plier à de nouvelles règles du jeu plus contraignantes. Elle le fait dans la douleur.

Si l'on en croit les économistes qui se sont intéressés à ces questions (comme Quian et Weingast), le fédéralisme a contribué à la croissance rapide de la Chine. D'autres sont plus réservés comme Blanchard qui souligne dans Federalism with and without political centralization. China versus Russia (2000) le rôle déterminant d'un pouvoir central fort. Le cas européen sera naturellement différent, mais le mouvement est si bien engagé que l'on voit mal comment les crispations nationalistes peuvent le dérouter longtemps.  

Et maintenant, grâce aux pigeons, la compétitivité…

Lorsque j'ai, le week-end dernier, préparé ma chronique radiophonique sur la compétitivité, chronique que j'ai titrée Et maintenant la compétitivité, je me suis dit que j'étais un peu à contre-temps, que l'actualité, c'était le Traité européen et le budget, qu'il serait toujours temps d'en parler au moment de la sortie du rapport Gallois. J'avais tort de m'inquiéter (ou, plutôt, raison de choisir d'en parler) puisque dés le lendemain, Le Monde titrait sur les réflexions de l'Elysée sur le sujet. Réflexions menées en parallèle de celle de Louis Gallois? Probablement pas. Reste que le "timing", l'échéancier est étonnant : pourquoi ne pas attendre quelques semaines que Gallois et ses collègues aient eu le temps de terminer leur rapport?

La réponse est sans doute à chercher dans cette autre information qui occupe depuis 24 heures (guère plus) les journalistes économiques : le succès d'une pétition lancée par quelques entrepreneurs qui ne veulent pas payer plus d'impôts (les pigeons). Pétition dont ces journalistes répètent à l'envie les arguments (on va tuer l'esprit d'entreprise et le développement des start-up) sans une seconde s'interroger sur le modèle économique de ces start-up du secteur informatique (moteurs de cette pétition) qui ne se créent que pour mieux se vendre, qui ne créent le plus souvent aucune richesse (où est leur chiffre d'affaires?) et dont les fondateurs (et investisseurs) ne font fortune que parce qu'ils ont su impressionner les dirigeants de quelque grand groupe traditionnel qu'internet fascine alors qu'ils n'y comprennent pas grand chose.

Le gouvernement a bien envoyé au front Fleur Pellerin pour désamorcer la contestation et montrer qu'elle était surtout politique, cela n'a pas suffi. Il fallait un geste fort. L'annonce précipitée des 40 milliards de baisses de charges étalées sur cinq ans a fait l'affaire. J'imagine que de l'entendre a soulagé beaucoup de chefs d'entreprises et que cela a attristé la droite (il fallait entendre NKM sur le sujet, expliquant que ce serait une mauvaise idée sauf que c'était copié de Sarkozy). Mais le gouvernement a pris un risque : celui de s'obliger à réaliser ces baisses de cotisations sociales ou de se dédire et de décevoir.

mercredi, octobre 03, 2012

Ayrault ou la fadeur…

Il y a quelques années, Roland Barthes avait fait, à propos du Japon, l'éloge de la fadeur, thème qu'il a repris en 1978 au Collège de France dans une série de cours consacrée au neutre  (cours que l'on peut trouver sur internet ici). Dans ces cours, il parle du "désir de neutre" avant d'ailleurs de lire un texte de Joseph de Maistre sur la torture et à l'inquisition.

Je ne sais si Ayrault désire cette fadeur, mais c'est bien cette impression de neutralité, de fadeur qu'il donne et c'est d'ailleurs à la torture médiatique qu'il se trouve pour ce même motif soumis.

Barthes définissait le neutre comme ce qui déjoue le paradigme, c'est bien ce que fait notre premier ministre lorsqu'il refuse tout effet de manche, toute envolée vers l'imaginaire et assume, avec placidité, une sorte de platitude. Drôle de manière de faire de la politique. On a l'impression de retrouver l'un de ces dirigeants des pays nordiques gris, sérieux, solide mais terriblement ennuyeux et sans personnalité apparente. Fillon n'était pas un mousquetaire de la rhétorique, mais dans ce registre notre premier ministre le bat à plate couture.

Est-ce ce dont l'Europe et le pouvoir ont besoin dans ces moments de grand scepticisme? On peut en douter. Reste donc à Hollande, auquel on ne peut reprocher tout cela, de reprendre son baton de pèlerin.

mardi, octobre 02, 2012

Le Non à l'Europe annonce-t-il une renconfiguration de l'espace politique?

Dans une note de Telos et dans un entretien au Monde, Gerard Grumberg, spécialiste du PS, annonce la "rupture de notre système politique" : la gauche s'est brisée sur l'Europe comme la droite le fera demain (si ce n'est déjà fait). Il en conclut que "la notion de gauche n’a plus de signification politique déterminante au niveau de l’action gouvernementale." Et ajoute-t-il :
"S’il n’y a plus de gauche, il n’y a toujours pas de droite. Il y a des gauches et des droites. Et, aucun des problèmes essentiels que la France a aujourd’hui à résoudre ne passe plus désormais d’abord par un affrontement gauche/droite. Ce que la plupart des autres pays européens ont compris ou sont en train de comprendre, la France doit le comprendre à son tour. Ceci ne signifie pas que la gauche socialiste et la droite UMP sont d’accord sur tout ni qu’elles doivent cesser de s’opposer. Mais, ceci signifie que l’avenir de notre pays, dans les temps qui viennent, dépendra, pour une large part, des compromis que ces deux partis passeront, notamment sur l’avenir de l’Europe."
 On reconnait là un thème ancien qui situe l'avenir au centre, avec de chaque coté des extrêmes condamnées à l'impuissance et au populisme. Derrière cette thèse ancienne, on retrouve des idées assez largement répandues et que François Bayrou a portées tout au long de la dernière campagne électorale  : gauche et droite feraient in fine les mêmes politiques, des alliances entre l'une et l'autre sont nécessaires dans les moments de grande crise, des majorités d'idées sont sur de nombreux sujets possibles voire nécessaire.

Grunberg reconnait que son modèle est aujourd'hui freiné par le mode de scrutin qui force les deux blocs à se rapprocher. Il en conclut qu'il conviendrait d'introduire une dose de proportionnelle
"Si les deux grands partis veulent s’affranchir de la nécessité de nouer des alliances électorales avec les extrêmes, il faut donc modifier profondément le mode de scrutin afin de dé-rigidifier le clivage gauche/droite tout en permettant l’alternance. La proportionnelle est l’un des remèdes à cette situation. Il faut créer en effet les conditions où chaque parti sera libre au moment des votes au Parlement de créer des majorités d’idées."
Tout cela me parait pour le moins contestable. Prétendre que la position face à l'Europe structure la vie politique française me parait aller bien vite en affaires. Pour que ce soit le cas, il faudrait que cette position serve de colonne vertébrale à un ensemble de positions idéologiques. Or, je ne vois pas que ce soit le cas. Les nonistes de gauche peuvent se retrouver dans une manifestation mais quoi de commun entre les écologistes et les communistes sorti de ce non?

Le plus frappant dans ce qui se passe aujourd'hui est l'extrême fluidité des positions : Mélenchon était pour Maastricht, il appelle à voter non au Traité européen. Fabius a appelé à voter non au référendum sur l'Europe, il est aujourd'hui partisan du pacte budgétaire. Les écologistes qui appellent à voter non sont probablement le plus européen des partis français. Et ce qui est vrai des dirigeants politiques l'est de beaucoup d'électeurs.

Cette fluidité est renforcée par l'absence d'ancrage des partis qui soutiennent le non dans l'opinion. Le PC a disparu, les organisations syndicales qui portaient sa voix se sont faites bien discrètes. Les opinions sur l'Europe, quoique largement sceptiques, ne sont pas construites, consolidées, elles vont et viennent au sein d'espaces idéologiques qui restent marqués par une opposition de fond entre la gauche et la droite, opposition que le projet de budget du gouvernement illustre à merveille. S'il est confronté aux mêmes défis que ses prédécesseurs il a choisi des solutions radicalement différentes pour atteindre le même objectif : la réduction du déficit et la mise à l'abri des marchés.


lundi, octobre 01, 2012

Après Kennedy, Kadhafi?

On sait combien la mort de Kennedy a suscité d'enquêtes contradictoires, d'interrogations de toutes sortes, d'hypothèses et d'accusations plus ou moins voilées mais jamais confirmées (deuxième tueur, pétrolier, CIA…). La mort de Kadhafi pourrait bien susciter le même phénomène si l'on en croit le Correire della Sera repris par Mediapart : le dictateur aurait été tué dans l'ambulance après la capture par un agent secret français. Et de là à supposer que celui-ci aurait agi à la demande du pouvoir en place et, d'abord de Nicolas Sarkozy, pour cacher le financement de sa campagne électorale, il n'y a qu'un pas que tout dans l'article invite à franchir :
"Corriere della Sera cite ensuite les milieux diplomatiques internationaux en Libye, pour lesquels, si un service étranger avait un intérêt à la mort de Kadhafi, il ne pouvait s'agir que des Français. (…) La piste française prend d'autant plus de sens qu'elle renvoie aux accusations portées par les principaux dirigeants libyens eux-mêmes peu avant le déclenchement de la guerre sous l'impulsion de la France, en mars 2011. Mouammar Kadhafi, son fils Saïf al-Islam et un ancien chef des services secrets, Abdallah Senoussi, avaient en effet tous trois affirmé publiquement détenir des preuves d'un financement occulte du président français."
Vrai? Faux? Plausible ou pas? On imagine mal Nicolas Sarkozy ordonnant l'exécution d'un dirigeant qu'il avait connu et, semble-t-il, apprécié. Pas plus qu'on ne l'imagine, d'ailleurs, organisant, le guet-apens qui a mené DSK là où l'on sait, mais on n'imaginait pas non plus Balladur utilisant des rétro-commissions pour financer la sienne. Et comme il est probable que l'on n'aura, ni dans un cas ni dans l'autre, de confirmation le soupçon durera aussi longtemps que l'ombre de Nicolas Sarkozy pésera sur la scène politique.

mardi, septembre 25, 2012

Les écologistes, le traité européen et les sondages

Les écologistes ont donc choisi de dire non au Traité budgétaire européen au risque de se diviser un peu plus, de mettre en danger leurs deux ministres, de se ridiculiser (comment peut-on à la fois dire non au Traité européen et voter le budget?) et de se faire accuser de manquer de maturité (comme dans l'éditorial du Monde d'hier). Attitude d'autant plus incompréhensible qu'ils ont longtemps très européens et que leur meilleur leader (pas forcément le plus aimé), je veux dire Daniel Cohn-Bendit, est un excellent avocat de ce traité.

Je ne vois à tout ce pataquès qu'une raison : leur affolement devant les sondages mauvais pour le pouvoir en place. Affolement qui les frappe plus que les socialistes parce qu'ils manquent d'un leader qui saurait leur imposer un peu de cohérence et de sang-froid mais aussi et surtout parce qu'ils visent le même public que Mélenchon : la petite bourgeoisie intellectuelle, citadine, qui travaille dans des secteurs protégés de la concurrence et est tentée par une nouvelle campagne anti-européenne.

Mais ils se trompent : si le couple exécutif dévisse dans les sondages, ce n'est pas à cause de l'Europe (comme le montre ce dernier sondage qui indique qu'en cas de référendum, 52% des Français voteraient pour le Traité européen), mais à cause du flou qui l'entoure encore, de cette inquiétude sur l'autorité de Hollande que le comportement des écologistes va aggraver : Hollande ne peut évidemment pas créer une crise politique en virant les deux ministres écologistes comme ils mériteraient de l'être, mais en jouant l'apaisement il donne le sentiment de manquer d'autorité. Et il est probable qu'il le paiera une nouvelle fois dans la prochaine vague de sondage.

mercredi, septembre 19, 2012

Cherchez Hortense ou l'air du temps

Ce sont souvent les comédies qui disent le mieux l'air du temps. Et Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer est, de ce point de vue, exemplaire. Sous couvert de nous faire rire, et il nous fait beaucoup rire, ce film trace un impitoyable portrait de l'état de nos moeurs, de notre renoncement aux disciplines ancestrales (s'il faut divorcer, divorçons), de notre libéralisme qui nous fait oublier les frontières entre ce qui est "normal" et ce qui ne l'était pas (admirable scène d'anthologie que ce dialogue entre un fils et son père qui fait la belle devant un serveur dans un restaurant japonais), de notre combat perdu d'avance dans l'éducation de nos enfants (j'ai rarement vu montré avec plus de finesse les relations d'un père vieillissant et d'un enfant qui n'est pas encore tout à fait un adolescent) mais aussi de notre conformisme qui nous fait accepter les reconduites à la frontière de jeunes gens qui sont en français en tout sauf en leurs papiers.

Il y a dans ce film, plutôt conventionnel et discret dans sa facture, un regard d'une précision rare.

De l'héroine à l'Islam…

Une nouvelle fois, les musulmans extrémistes sont montrés du doigt. On comprend bien pourquoi et c'est à juste titre : si quelques crétins ont envie de traiter Mahomet de pédale efféminée (ce qui est, si j'ai bien compris, l'un des moments forts de ce brulot qui excite tout ce que le monde musulman compte d'intégristes) le droit, aussi stupide (pour rester courtois) soit leur thèse. Reste qu'à tout mélanger, à confondre les intégristes qui vivent dans nos banlieues et ceux qui ont en Libye assassiné l'ambassadeur américain, on risque de ne rien comprendre au parcours de ces jeunes français qui ont choisi l'intégrisme religieux. Ils ne viennent pas, à la différence de beaucoup de leurs collègues catholiques, de familles particulièrement conservatrices. C'est même souvent plutôt le contraire. Leur père et mère sont venus s'installer en France pour trouver du travail mais aussi pour échapper au conformisme, à la rigidité morale des sociétés dont ils venaient. Si les filles portent aujourd'hui le voile, les mères étaient enchantées de pouvoir s'en débarrasser. Ils viennent de milieux difficiles, de quartiers souvent en déshérence et ils se sont battus pour échapper à la drogue, à la délinquance, à ce qui a conduit beaucoup de leurs frères, voisins et cousins, en prison ou aux portes de celle-ci. L'Islam radical n'a, dans nos banlieues, pas grand chose à voir avec celui que l'on rencontre dans le monde musulman. Il est, pour beaucoup, pour la plupart, un rempart, rempart dangereux, contre les dérives délinquantes et la drogue, une manière d'échapper à un sort si commun. Ce rempart est évidemment choisi faute d'autre : emploi, réussite scolaire, vie familiale heureuse… cela n'excuse rien, mais devrait amener les commentateurs à plus de nuances dans leurs propos.

mardi, septembre 18, 2012

Le belle réforme en toc de l'ère SArkozy

Telos publie un article passionnant de deux économistes, Touria Jaaidane Jaadaine et Robert Gary-Bobo sur la réforme phare de l'ère Sarkozy, celle des retraites des régimes spéciaux. Extrait :

Les dispositions de la réforme de l’automne 2007 sont en apparence raisonnables : elles proposent la création de nouveaux échelons dans leur carrière à ceux des agents qui accepteront de rester au travail plus longtemps et supprime les avantages les plus « dérogatoires » des chauffeurs de rames de métro, comme la bonification qui leur faisait cadeau de cinq années de cotisation et permettait de partir à la retraite à 50 ans. Mais cette réforme est complètement gâchée par l’ensemble des mesures d’accompagnement et le régime transitoire qu’elle a mis en place. Elle commencera donc par coûter de l’argent à l’Etat, avant de permettre d’en économiser un peu, mais bien plus tard… Notons tout d’abord que la réforme ne reçoit de début d’application qu’en 2012 : cela fait cinq ans qu’elle est en fait en sommeil. Ensuite, le régime transitoire s’applique à tous les agents recrutés avant le premier janvier 2009, soit la quasi-totalité des agents en place au moment de la réforme, et il préserve beaucoup de leurs avantages. Nous montrons que ce régime transitoire, qui commence à s’appliquer en 2012, « perd de l’argent ». On peut espérer des effets de baisse des coûts à partir de 2024 !
Le reste du papier est à l'avenant mais le plus intéressant est sans doute les enseignements de ce que les auteurs appellent un fiasco, enseignement que François Hollande, tout occupé à se normaliser, serait bien inspiré de faire lire à ses ministres et à ses conseillers qui sortent depuis quelques jours de l'ombre : une réforme, cela se prépare, se construit, se négocie. Il le sait, il l'a mille fois dit. Il ne faudrait que l'impatience des journalistes politiques et de l'opinion ne l'amène à oublier ces règles élémentaires de la bonne gouvernance.

lundi, septembre 17, 2012

Triste province…

C'est la crise et plus rien ne va. Sauf pour l'hotellerie. Cherchez donc actuellement une chambre correcte à Nancy ou Bordeaux. Vous verrez tout est plein. Et le plus déprimant est que cette recherche amène à fréquenter des sites du type Tripadvisor qui donnent un éclairage cru sur la qualité de l'hotellerie de centre ville dans les grandes villes de province. Un coup d'oeil sur les commentaires sur les hotels de Nancy est édifiant : "Stalinas n'en voudrait pas" (Ibis Nancy Sainte Catherine), "mal insonorisé, extrêmement bruyant (Coeur de City), "Des étoiles en trop" (Mercure Centre), "Ya mieux" (Nemea), "Prix poussif" (Grand hôtel), etc, etc. Et cela vaut aussi bien pour les hôtels de milieu de gamme que pour ceux qui passaient pour des palaces!

On se dit, à lire tout cela, qu'il y aurait de quoi lancer un grand programme de rénovation de l'hotellerie indépendante. Mais voilà, cette hôtellerie est indépendante, sans beaucoup de capitaux et sans grande compétence. Ceci explique sans doute cela.

samedi, septembre 15, 2012

Ce qui manque à Hollande pour devenir un nouveau Roosevelt

On entend régulièrement dire, à gauche, pour le regretter, que Hollande va manquer sa chance de devenir un nouveau Roosevelt, suggérant par là qu'il pourrait être, à l'instar du Président américain, celui qui nous sort de la récession et nous oriente dans la voie d'une nouvelle phase de croissance.

J'imagine qu'il le voudrait bien lui-même, mais il ne le pourra pas. Tout bêtement, et tout trait personnel mis à part, parce qu'il ne dispose pas de ce qui a autorisé Roosevelt à devenir le sauveur de l'Amérique : un projet économique alternatif imaginé par des industriels progressistes, porté par le soutien populaire et par une partie non négligeable du grand capitalisme moderne.

A la fin des années vingt, quelques industriels progressistes ont développé aux Etats-Unis ce qu'on a appelé le nouveau capitalisme ou le "corporate liberalism", mélange de paternalisme à l'américaine (welfare capitalism) et de défense des intérêts des industriels spécialisés dans la production de masse de produits de grande consommation (General Electric, Kodak, Filene…). Ce programme a fait l'objet d'une synthèse réalisée par l'un des dirigeants de General Electric, Gerard Swope. Le Swope Plan, présenté au tout début des années trente, prévoyait notamment la création d'assurances contre le chômage, les accidents industriels et la vieillesse, la standardisation des méthodes comptables et transparence de la comptabilité des entreprises (pour rassurer les actionnaires), la mise en place d'ententes industrielles qui mettent entre parenthèses les lois anti-concentration que certains jugent aujourd'hui responsables du krach boursier.

Ce programme et ses idées ont alors fait l'objet de nombreux débats dans la société américaine, débats souvent animés par des industriels comme Edward Filene. Ce propriétaire d'une chaine de grands magasins multipliait les conférences dans lesquelles il expliquait que l'on ne sortirait de la crise qu'en transformant les travailleurs en consommateurs, ce qui supposait d'augmenter les salaires dans toute l'industrie (d'où l'idée d'un salaire minimum obligatoire) et de réduire le temps de travail (un salarié qui travaille 16 heures et dort 8 heures n'a pas une minute pour consommer).

Ce programme n'avait rien de philanthropique (il s'agissait pour ses industriels d'élargir leur marché, de fidéliser et stabiliser leur personnel, de se protéger de la concurrence et de se libérer des lois antitrust qui freinaient leur croissance) mais il ne pouvait que sourire aux salariés. Et, de fait, la gauche lui a trouvé des vertus même si ces industriels envisageaient une organisation de tout cela par profession dans un esprit proche des corporations qui leur a valudes accusations de fascisme, de la part notamment de Hoover.

Soutenu par des industriels puissants et par de larges pans de l'opinion (le nombre de salariés avait explosé aux Etats-Unis dans les années précédant la crise), le plan Swope a servi de matrice aux premières mesures prise par l'administration Roosevelt : création de la National Recovery Administration et 1933 (abrogé par la cour suprême deux ans plus tard) et de la sécurité sociale en 1935. Ces institutions étaient ostensiblement soutenues par des segments importants du patronat puisque plusieurs industriels importants comme Pierre du Pont ou Myron C.Taylor furent conseillers du NRA.  Dans les années qui ont suivi, ces mêmes industriels se sont opposés à une partie de la politique de Roosevelt (notamment au Wagner Act qui, après l'abrogation de la NRA, en reprit la plupart des mesures y ajoutant des dispositions favorisant les syndicats) mais le mouvement était lancé.

Roosevelt avait donc un programme élaboré susceptible de satisfaire les travailleurs et des soutiens dans le grand capital. Ce qui lui donnait la force politique et la base sociologique pour conduire le changement. François Hollande n'a rien de tout cela : on ne voit nulle part de grands industriels proposer des programmes qui permettraient de réaliser la transition vers un nouveau modèle de croissance. Ceux qui pourraient être susceptibles de le faire, spécialistes des nouvelles technologies, inventeurs des nouveaux marchés (ce qu'étaient dans les années vingt, Filene, les dirigents de GE, de Kodak…) sont mondialisés et basés bien loin de Paris. Et on ne voit pas la base sociologique qui pourrait l'aider à porter ce programme.

François Hollande ne sera pas, pour ces motifs, un nouveau Roosevelt. Dommage. Cela aurait eu plus d'allure que de devenir un nouveau Schröder.

mercredi, septembre 12, 2012

Le tribunal constitutionnel allemand a donc validé…

Le premier réflexe est d'agacement : pourquoi ce qui compte vraiment en Europe devrait dépendre du bon vouloir de quelques juges allemands? Et l'on devine les remarques acides ici, en Grèce, en Italie, en Espagne et ailleurs. Mais à la deuxième lecture, ce jugement (ou plutôt les communiqués des agences de presse qui le rapportent) pose une excellente question : quid des droits des parlements et, donc, des citoyens? Les juges de Karlsruhe nous rappellent, ce qu'oublient trop souvent les dirigeants de l'Europe, que nous vivons en démocratie et que cela impose un contrôle des citoyens.

mardi, septembre 11, 2012

75%? A quoi bon se faire peur?

Les 75% font couler beaucoup d'encre. Mais soyons un instant sérieux. Que peut-il se passer? Les dirigeants qui perçoivent plus en salaire vont-ils quitter la France? Bien sûr que non. Ils vont se tourner vers leurs conseillers, vers leur DRH, et leur demander de trouver une solution qui leur permette de transformer le surplus de rémunération en quelque chose qui échappe à l'imposition (comme, pour ne prendre qu'un exemple,  un droit de tirage plus élevé sur des cartes de crédit professionnel). Ils ne perdront pas grand chose et leur salaire officiel diminuera, ce qui sera une bonne chose pour les statistiques sur les inégalités.

Une société plus harmonieuse?

A la fin de son intervention de dimanche soir, après avoir décliné son agenda jusqu'en 2014, François Hollande a eu cette phrase peu relevée par les commentateurs : "A partir de 2014, nous ferons tout pour construire une société plus humaine, plus sûre, plus dynamique, et en même temps, plus harmonieuse. Voilà mon enjeu." On peut la prendre comme une formule rhétorique, comme une manière d'annoncer des lits de rose après la traversée de chemins remplis d'épines, on peut aussi y voir comme l'indice de ce qui est vraiment au coeur de son projet politique personnel.

Le mot clef est, bien sûr, le dernier adjectif : "harmonieuse. " Il renvoie à une vieille tradition du socialisme utopique qui cherchait justement à créer une société harmonieuse. On se souvient de la société harmonique que Fourier voulait construire dans ses phalanstères, de la société idéale que Robert Owen a essayé de créer à New Harmony, dans l'Indiana. Il est assez étrange de voir François Hollande renouer avec cette vieille ambition du socialisme d'avant le marxisme et sa mise en avant de la lutté des classes et du matérialisme dialectique.

Mais n'est-ce pas ce qu'il vise lorsqu'il met en avant la négociation sociale? C'est, espère-t-il, en amenant les acteurs à se mettre d'accord sur des réformes que l'on pourra les mener à bien en évitant les conflits et en satisfaisant les intérêts des uns et des autres.

lundi, septembre 10, 2012

L'Europe absente de l'entretien de F.Hollande. Pourquoi?

On l'aura remarqué, François Hollande n'a pas parlé hier de l'Europe. Il est vrai que Claire Chazal ne lui a pas posé la question mais s'il avait voulu en parler il aurait su trouver le moyen de glisser quelques phrases sur le sujet. On peut donc imaginer que cette absence était volontaire. Et, du coup, elle mérite interprétation. Les journalistes ont en général critiqué cette absence et il est vrai qu'elle surprenante. On peut cependant imaginer qu'elle répondait à un triple objectif :
- calmer le jeu avec la gauche du PS, les écologistes et ne pas leur donner du grain à moudre,
- recentrer la nécessité de l'effort sur des contraintes intérieures et non pas extérieures : trop de politiques ont depuis trop longtemps utilisé l'Europe comme bouclier en faisant le bouc émissaire de toutes nos difficultés. Hollande aurait voulu rappeler qu'il nous faudrait faire ces efforts, avec ou sans Europe, qu'il ne s'y serait pas pris autrement,
- éviter de s'engager sur ce qui ne dépend pas de lui. Les décisions importantes sur l'Europe dépendent pour l'heure de la BCE et la Cour Suprême allemande, deux instances sur lesquelles l'influence de Hollande est faible. Sans doute a-t-il voulu éviter de donner à ses auditeurs le sentiment qu'il était (et avec lui les politiques en France et ailleurs en Europe) impuissant face à ces institutions.

François Hollande étant particulièrement attentif aux réactions de l'opinion et de la presse, on peut penser qu'il reviendra dans les semaines qui viennent d'une manière ou d'une autre sur l'Europe, mais sans doute attend-il que la situation se dégage et devienne plus lisible.

dimanche, septembre 09, 2012

Un cap, un agenda

Combien de fois François Hollande a-t-il prononcé ce soir les mots agenda et cap? Cinq, six, dix, je n'ai pas compté, d'autres le feront demain, mais on ne pourra en tout cas plus dire qu'on ne sait plus où l'on va. On ne pourra pas non plus dire qu'il nous aura trompé ou "doré la pilule". Je ne me souviens pas d'un discours présidentiel aussi austère, aussi sévère, aussi dur : pas un cadeau n'a été annoncé, aucune promesse, sinon, peut-être pour les jeunes. Si le soleil doit de nouveau briller, ce sera au mieux dans deux ans, plus probablement dans cinq.

Si surprise il y a eu, ce fut sur la compétitivité présentée comme un impératif et la franchise sur les chiffres. Il y a chez François Hollande une pédagogie de la vérité qui n'est pas sans rappeler Pierre Mendés-France.

Etait-ce le discours que l'opinion attendait? On verra bien dans les prochains sondages, mais ce n'est pas vraiment une surprise avec ce qui s'est passé en Grèce, en Italie ou en Espagne. On peut même penser que ce choix de la vérité, cette fermeté et ces marques d'autorité à l'égard des ministres soulageront l'opinion française et, ce qui est sans doute, presque aussi important, l'opinion dans les capitales européennes.

Ce que l'on reproche à Hollande

Au delà du Hollande bashing, de l'agitation chronique des journalistes politiques qui aiment que cela change tous les jours, et du marketing de la presse hebdomadaire qui pousse les éditorialistes à des excés (il faut bien vendre du papier) les reproches que l'on fait à Hollande (et, accessoirement à Ayrault) sont de deux types :

- il ne fixerait pas le cap, soit qu'il manque de vision, soit qu'il n'a pas le courage de nous dire où il va. Ce qui serait exactement le contraire de Sarkozy qui savait, nous dit-on aujourd'hui, où il allait (du coté d'une américanisation de la société française et de la dérégulation),
- il négocierait trop, multiplie les commissions, délègue au dialogue social quand il faudrait prendre des décisions plus rapides. A force de chercher le consensus, il pourrait se retrouver dans la situation d'Obama.

Ces critiques sont étranges : Hollande n'a jamais caché son ambition de réduire les déficits. C'est l'objectif majeur qu'il s'est fixé, un peu comme Jacques Delors s'était, en 1983, donné pour objectif de réduire l'inflation. Il pense, comme beaucoup d'autres que c'est nécessaire, que c'est à cette condition seulement que l'Europe peut continuer de se développer et la France retrouver le chemin de la croissance. Il a dit et redt que cela va demander des efforts qui ne pourront être obtenus qu'en faisant appel à des méthodes de type social démocrate qui associent les parties prenantes aux décisions, seule manière de s'assurer 1) que les décisions prises sont justes, qu'elles tiennent compte des intérêts de chacun et, 2) qu'elles ont des chances d'être mises en oeuvre rapidement et sans conflit majeur. L'inconvénient est que cela prend du temps. C'est un handicap qui pourrait effectivement le mettre dans la position d'Obama s'il ne disposait d'une majorité durable au Parlement.

Ces choix sont clairs et à l'opposé de ceux de Sarkozy. Ils sont critiquables. On peut penser que la réduction des déficits en période de crise grave n'est pas l'urgence, qu'il ne sert à rien de saigner un patient anémique. On peut également douter de l'efficacité d'un dialogue social entre des organisations aussi faibles que le Medef ou les syndicats. Mais ils me semblent avoir le mérite de la clarté.





 




samedi, septembre 08, 2012

Patriotisme à géométrie variable…

Tandis que l'on demande à nos footballeurs venus de la banlieue de chanter la Marseillaise et que l'on s'énerve lorsqu'il n'en connaissent pas toutes les paroles et leur préfèrent les chansons qu'ils écoutent sur leu ipod, Bernard Arnault demande, sans que personne ne s'en offusque, la nationalité belge pour payer moins d'impôts. "Première fortune de France et d'Europe et quatrième fortune mondiale, nous explique la tribune, Bernard Arnault a entamé des démarches fin août pour obtenir la nationalité belge, rapporte samedi La Libre Belgique. La demande sera traitée par la commission des naturalisations de la Chambre des représentants. "Le dossier sera traité comme tous les autres. Il y en a 47.000 sur notre table", a déclaré le président de la commission des naturalisations, Georges Dallemagne, à La Libre Belgique." Deux poids, deux mesures? selon que tu es riche ou pauvre?

Une chose est certaine : si l'Europe avait un sens, elle devrait rendre cette émigration fiscale impossible. Il suffirait, peut-être, que les résidents français installés en Belgique soient assujettis aux mêmes règles que les contribuables français. Je dis peut-être parce que c'est probablement très compliqué. reste qu'on aimerait entendre le MEDEF protester. L'image des patrons (et des entreprises qu'ils dirigent) est directement menacée par ce type de comportement.

mercredi, septembre 05, 2012

Gouvernement : vers une nouvelle manière de réguler?

Est-ce effet des mauvais sondages de ces derniers jours? Le gouvernement multiplie depuis le début de la semaine les annonces sur tous les plans : tarification progressive de l'énergie, contrats génération, logement… avec des mesures le plus souvent originale (avait-on parlé de cette nouvelle méthode de tarification de l'énergie et, semble-t-il, bientôt de l'eau pendant la campagne présidentielle?) qui devraient être plutôt bien accueillies, qui pourraient en tout cas modifier assez profondément notre quotidien.

Il est encore un peu tôt pour en extraire une méthode de gouverner, mais on devine une inflexion qui n'a pas encore été théorisée par le pouvoir politique et qu'il faudra confirmer mais le gouvernement semble préférer au régulations classiques du type commande-contrôle-sanction des régulations plus flexibles, qui cherchent à mieux coller aux situations particulières et se veulent plus incitatives que contraignantes. C'est le cas avec la tarification de l'énergie, ce le sera avec les contrats génération qui cherchent à s'adapter à des situations et problématiques qui varient selon la taille des entreprises.

Le gouvernement affiche en général des objectifs ambitieux. il faudrait également qu'il innove dans le suivi de ces mesures, qu'il s'attache à les évaluer et à les revoir en cas d'échec.