lundi, août 22, 2011

L'étrange stratégie de Manuel Valls

Chacun des candidats socialites tente de se différencier. Arnaud Montebourg joue, avec un certain succès la partition imagination : il amène de nouvelles idées, comme la VIème République, la démondialisation, Ségolène tente de construire sur les thèmes de sa précédente campagne (ordre juste, quartiers populaires...), Aubry semble avoir fait le pari de la compétence et Hollande celui du sérieux austère dans un mélange de Jospin et de Mendés-France. Ces stratégies devraient leur permettre de se différencier dans les mois qui viennent et de séduire les électeurs de gauche sans insulter l'avenir. Toutes sont, en tout cas, compréhensibles et plutôt en phase avec leur personnalité. Celle retenue par Manuel Valls laisse, au contraire, rêveur. Chauque fois qu'il en a l'occasion il se met en porte-à-faux et reprend pour leur trouver quelque vertu des propositions de la droite. Dernier exemple : ses déclarations sur la "régle d'or". Mais qui compte-t-il donc séduire à gauche avec ce type de déclaration? Car c'est bien les électeurs de gauche qu'il faut séduire dans ces primaires! pas ceux qui hésitent entre la droite et la gauche.


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2 commentaires:

Arthur Goldhammer a dit…

Oui, Bernard, vous avez raison: c'est difficile à comprendre pourquoi Valls a choisi cette forme particulière d'esbroufe fiscale. Mais ses opposants à gauche préconisent, eux, le retour à un déficit de moins de 3% du PIB avant 2013--une autre forme d'esbroufe. Ni les uns ni les autres discutent des principes de la gestion du budget en temps de crise. Qui en France parle de Keynes, de Krugman, ou de la "décennie perdue" au Japon? Qui parle de la demande ou d'une relance de la croissance ou redressement des équilibres commerciaux? Tout se passe comme si, à gauche, le jeu serait de se présenter comme plus sobre, plus responsable, plus posé, plus sage que ses rivaux. Mais tant qu'on n'aura pas précisé le but de toute cette sobriété, ou la théorie qui se dessine derrière, le choix restera une question de goût plutôt que de politique.

Bernard G a dit…

Ma remarque ne se situait pas sur ce plan là mais vous avez raison, il serait temps qu'ils abordent ces questions. S'ils ne le font pas plus c'est sans doute faute de demande de l'opinion (notre culture économique est certainement moins développée que celle des anglo-saxons) mais aussi parcequ'ils sont coincés entre un programme dépassé et une droite qui préfère les coups (comme cette rège d'or) à la réflexion économique. Mais rien de tout cela n'est evidemment une excuse.