mardi, mars 31, 2009

Le sort des images

J'étais ce matin dans un congrès de spécialistes de ressources humaines où je faisais une conférence sur le management chez Google (pour ceux cela intéresse ici le texte des slides utilisés dans cette conférence). En attendant de parler, je me suis promené dans l'exposition (très courte, tout cela se passait au Pré Catelan, dans le bois de Boulogne, dans un endroit très élégant). J'y ai croisé le représentant d'un cabinet de conseil canadien, Secor Conseil, qui a utilise pour sa publicité de petites pochettes pleines de gélules. L'idée est amusante.


Mais ce n'est pas qu'elle soit amusante qui a retenu mon attention, c'est qu'elle est imitée d'une artiste, Dana Wyse (dont on trouvera ici une interview) qui fait la même chose, mais avec un esprit plus… caustique :


Le canadien connaissait évidemment cette artiste. Et l'on peut supposer que le service de communication de Secor Conseil s'en est inspiré. Ce qui n'est après tout qu'un prêté pour un rendu.

dimanche, mars 29, 2009

Martine Aubry est sympathique…

L'émission de Michel Drucker sur la 2 est devenue l'un de ces rendez-vous incontournables pour les politiques, l'une de celles où se font les images. Martine Aubry a passée aujourd'hui l'épreuve brillamment. Elle a su convaincre deux au moins des chroniqueurs de cette émission, Jean-Pierre Coffe qui s'occupe de cuisine et l'humoriste Anne Roumanoff, qu'elle était, loin de son image de femme austère, autoritaire, formidablement sympathique, drôle, simple, qu'elle sait rire d'elle-même spontanément, naturellement.

Le même jour, sur une autre chaine (la Cinq), Vincent Peillon a donné ses revenus (100 000 € annuels avec sa femme), ses impôts (12 000€) et expliqué qu'il paierait volontiers 3000€ de plus, face à un Jean-François Coppé qui a consacré l'essentiel de ses interventions à défendre les riches et le bouclier fiscal.

Un bon dimanche télé pour les socialistes. Ce n'est pas si fréquent…

vendredi, mars 27, 2009

On ne sait plus trop quoi dire sur Sarko

Jean Veronis fait dans son blog à propos de la dernière salve d'attaques contre Nicolas Sarkozy (sur la manière dont il maltraite la langue) une excellente remarque : "Et puis, on ne sait plus trop quoi dire sur Sarko : on a déjà tout dit dix fois (et lui aussi). Saturation médiatique." C'est vrai qu'il y a de cela. On finit par ne plus avoir envie d'en parler. Il fatigue.

Est-ce un effet Sarkozy? ou un effet blog? Quand il n'y avait que la presse, une fois lue, on pouvait passer à autre chose. Avec internet, il en va autrement, l'exposition de celui qui fait l'actualité, qui se met en permanence en avant, est augmentée. Pour ne prendre que mon exemple, non seulement je lis la presse (et plutôt plus qu'hier, m'étant mis à consulter sur le net des journaux que je n'achète pas) mais je consulte régulièrement des blogs qui offrent des analyses souvent très pertinentes. Je "consomme" donc du Sarkozy tous les jours. Chirac et ses collaborateurs avaient théorisé l'exposition médiatique minimum. Sarkozy a fait l'inverse et comme il donne de l'urticaire à beaucoup de monde, on ne voit plus que lui. On le voit d'autant plus que l'opposition est à peine invisible. Mais, Veronis, a raison : trop, c'est trop.

jeudi, mars 26, 2009

La contradiction dont Nicolas Sarkozy aura du mal à se défaire

Le Canard Enchaîné donne, dans un petit article sur les ouvriers de Continental dont l'usine va fermer un chiffre qui devrait inquiéter Nicolas Sarkozy : 59,41% des électeurs de Clairvoix, siège de l'usine de Continental, ont voté pour lui aux dernières élections présidentielles, exemple même de cette classe ouvrière qu'il a su attirer à lui pour vaincre la gauche. Que pensent aujourd'hui ces électeurs prolétaires? Sont-ils satisfaits de sa politique, de ce décalage croissant entre son impuissance contre le chômage (qu'on ne saurait lui reprocher) et son incapacité ou plutôt son refus de discipliner les plus riches? On peut en douter.

On nous dit qu'il est déjà en campagne électorale pour 2012. Sans doute est-ce qu'il a senti le danger. Il a ressorti son discours sur la sécurité. Mais est-ce que cela suffira? Probablement pas. Il lui reste une solution, qu'un autre chiffre que donne le Canard suggère : 64,11% des électeurs de cette même ville ouvrière ont voté contre l'Europe en 2005. L'étranger les inquiète et leur expérience avec Continental ne devrait pas les rassurer. Ils seraient certainement sensibles à un discours violemment protectionniste, à la Le Pen (qui en avait fait, avec l'immigration un de ses thèmes favoris). Ce serait, évidemment, une catastrophe. D'autant que le principal rempart contre le protectionnisme, la bourgeoisie qui travaille dans les entreprises internationales parait bien en mal de se faire entendre : elle a réussi à sauvegarder ses bonus, stock-options et autre bouclier fiscal et n'en veut probablement pas plus.

mardi, mars 10, 2009

Tableaux récapitulatifs

Nous recevons depuis quelques semaines (et c'est une nouveauté de l'année) des tableaux récapitulatifs de nos frais de santé et des coûts de nos banques. Tableaux très instructifs qui mettent en évidence des dépenses jusqu'alors invisibles. Les banques, notamment, facturent une fortune des frais divers (commissions, location de coffre, envoi de relevés de toutes sortes…). Les coûts de l'impression de papiers tirés directement d'un fichier informatique laissent tout simplement pantois. Ces gens là sont vraiment des voleurs qui ont usé et abusé pendant des années de notre ignorance!

Difficile de critiquer ces excellentes initiatives (qui n'étaient pas spontanées dans le cas des banques), on s'étonne plutôt de ce que ces outils élémentaires de décision ne nous aient pas été fournis plus tôt. Chacun sait aujourd'hui ce qui lui coûte sa banque mais aussi ce qu'il coûte à la Sécurité sociale. De là à aller renégocier les termes de son contrat avec sa banque il n'y a qu'un pas… que nous serons sans doute nombreux à franchir.

lundi, mars 09, 2009

Psychanalyse, manipulation mentale

Que la psychanalyse soit un exercice de manipulation mentale n'est pas vraiment un scoop pour qui s'en est toujours méfié, mais il reste surprenant d'en avoir confirmation, comme ce fut le cas, ce week-end, dans une conversation privée.

Je suis à table avec quelques amis, dont une analysée, M, et un analyste de renom, autorité universitaire admiré de tous que j'appellerai P. L'amie analysée raconte qu'elle a envie d'arrêter son analyse, qu'elle l'a dit à son analyste : "Cela fait sept ans que nous sommes ensemble, vous ne pouvez plus rien pour moi, je veux arrêter." Ce à quoi l'analyste lui aurait répondu : "Mais si je peux encore beaucoup pour vous." Réponse qui suscite aussitôt l'indignation de P : "Cela ne me parait déontologique." Et lorsque nous lui demandons ce qu'il aurait répondu à la place de l'analyste, la réponse fuse : "Mais qui donc voulez-vous quitter?" Nuance? Sans doute, mais qui modifie complètement les interrogations de M. De questions sur les capacités de l'analyste ou de l'analyse, on serait passé à une interrogation sur la solidité des liens avec ses proches et, notamment, de ceux qu'elle a noués avec un homme qui la rend heureuse. Ce qui l'aurait, évidemment, fait beaucoup plus souffrir. Je ne suis pas sûr que la déontologie soit là où la cherchait P.

J'ajouterai, pour conclure, que j'ai eu une nouvelle fois eu l'impression que l'analyse enferme les analysés dans leurs difficultés, qu'elle gonfle leur ego devenu leur premier sujet de conversation. Tous les analystes disent que les patients qui viennent les voir souffrent. C'est très probable. Encore faudrait-il qu'ils n'ajoutent pas à leur souffrance, qu'ils ne l'entretiennent pas.

Des ministres qui choisissent le moment de leur départ?

C'est dans le Figaro du jour (09/03/09). Trois phrases, juste trois petites phrases d'un journaliste pressé qui en dit long sur l'autorité du Président de la République sur ses ministres et sur la manière dont certains de ceux-ci envisagent leur bail : "Si Michel Barnier a confirmé, avant la réunion, qu'il quitterait ses fonctions de ministre de l'Agriculture «au début du mois de mai», Rachida Dati est restée floue. «Je veux aller au bout du débat de la loi pénitentiaire qui reviendra à l'Assemblée en mai.» Plus tard sur France 2, elle entretient encore le doute en lâchant : «Je m'engage dans la campagne, si je suis élue on verra à ce moment-là»." On verra à ce moment là? Mais qui donc?

jeudi, février 19, 2009

Insulter les chercheurs n'était pas la meilleure idée

Nicolas Sarkozy a réussi un tour de force : se mettre à dos tout ce que la France compte de chercheurs et d'universitaires avec son dernier discours sur le sujet. Il a dans cette affaire mis en lumière son étrange manière de gouverner qui associe :

- une vraie brutalité dans les rapports humains : il a carrément insulté les chercheurs en les traitant de feignants, ce qu'il fait semble-t-il régulièrement avec ses collaborateurs si l'on en croit les échos hebdomadaires du Canard Enchaîné,
- une approche très superficielle des sujets basée sur une théorie simpliste du management que l'on peut résumer ainsi : chacun doit être rétribué en fonction de performances que l'on peut mesurer. Ce qui dans le domaine de la recherche donne : si les chercheurs ne travaillent pas plus (ce que l'on peut mesurer par le nombre de publications), il faut les sanctionner (leur confier plus d'heures d'enseignement). C'est la théorie du travailler plus pour gagner plus appliquée au monde de la recherche scientifique.

Que soient montés en première ligne dans la contestation de sa politique des représentants de discipline aussi différentes que le droit et les mathématiques n'est certainement pas un hasard. Ce sont en effet deux disciplines pour lesquelles la mesure par le nombre de publications est le mode d'évaluation le moins probant.

Du fait même de leur spécialité, les juristes publient surtout dans des revues francophones, les comparaisons internationales ont donc peu de sens. Quant aux mathématiciens, ils publient traditionnellement moins que leurs collègues d'autres disciplines (de 1 à 5 papiers par an en moyenne) et ceci pour de bons motifs qui mettent en évidence les biais de ce type d'évaluation :

- leurs papiers n'ont en général qu'un seul auteur alors que dans certaines disciplines, ils en ont souvent plusieurs, dont certains n'ont contribué à la rédaction que de manière marginale (il n'est pas rare de voir un directeur du labo signataire de papiers qu'il s'est contenté de relire),
- ils exposent souvent leurs travaux dans des conférences dont les actes ne sont pas publiés : leurs collègues sont informés de leurs recherches et de leurs avancées, mais il est impossible de les évaluer en tenant compte du seul nombre de publications,
- ils publient dans des revues très variées : revues de mathématiques, mais aussi de physique, de biologie, d'informatique, voire d'économie, ce qui rend l'analyse bibliométrique inefficace,
- l'écriture de papiers en mathématiques pose des problèmes très particuliers, ce qui explique que l'on trouve sur le site d'un très grand nombre de mathématiciens des conseils sur la meilleure manière d'écrire un bon papier.

Le fait même que les mathématiciens publient moins que les spécialistes d'autres disciplines ne veut évidemment pas dire qu'ils sont moins productifs, reste qu'à prendre le nombre de publications comme seul critère on risque de les pénaliser au regard de spécialistes d'autres disciplines dans lesquelles on publie plus. Ce n'est pas un hasard si plusieurs organisations mathématiques internationales ont mis en place un comité pour réfléchir à l'utilisation des données bibliométriques dans les sciences mathématiques. C'est, paradoxalement, chez les mathématiciens, ces spécialistes du nombre, que l'on trouve les critiques les plus vives de la biblioémétrie.

Nicolas Sarkozy a réussi l'improbable : unir deux disciplines que tout éloigne. Il a insulté les mathématiciens qui sont souvent ce qu'il y a de plus compétitif au niveau international dans nos universités et inquiété les juristes qui monnaient volontiers leurs compétences sous forme de consultations. C'est d'autant plus dommage que notre système n'est pas satisfaisant. Tout ce que l'on peut lire dans la presse sur les évaluations des enseignants-chercheurs en témoigne. Notre système repose sur un série de cliquets malsain. Il est très difficile de passer les étapes, mais une fois nommé maître de conférence, professeur… on peut prendre un peu de repos ou exploiter jusqu'à plus soif les quelques résultats obtenus dans ses premiers travaux comme l'indique l'examen des publications de certains sociologues du travail (y a-t-il vraiment matière à consacrer sa vie à l'analyse de la formation professionnelle comme certains font?).

J'ajouterai pour terminer qu'en intervenant à contre-temps et de manière aussi brutale, Nicolas Sarkozy a probablement mis à mort sa réforme de l'université alors que la plupart des intéressés étaient convaincus de l'intérêt de l'autonomie.

samedi, février 14, 2009

La situation échapperait-elle à Nicolas Sarkozy?

Sa dernière intervention télévisée a été une catastrophe. Tout le bénéfice de son activisme européen s'est évanoui. En métropole, chercheurs, enseignants et étudiants n'en finissent pas de se mobiliser, enhardis par les propos quasi insultants que le Président a tenus à l'égard des uns et les autres (en un mot : "tous des nuls"), dans les DOM, la situation ne fait qu'empirer alors que le gouvernement révèle de plus en plus de maillons faibles et que le secteur bancaire nous promet de nouvelles mauvaises nouvelles (difficultés annoncées de l'Ecureuil et des Banques populaires). En Europe, les tchèques s'autorisent l'insolence. Et ailleurs, ce n'est pas mieux : le cas Kouchner révèle le maintien des pratiques les plus détestables. Les nouvelles réformes annoncées sur le congé parental ne font même plus sourire : elles désespèrent ses plus fidèles partisans comme j'ai pu le constater ce midi.

Dieu merci il y a la crise, qui n'invite guère à descendre dans la rue. Sinon…

jeudi, février 12, 2009

Inflation : l'exemple d'un anti-cancéreux

Le Monde publie aujourd'hui un papier sur la hausse des prix des produits de premières nécessité, riz, pâtes… Je voudrais y ajouter ma petite pierre sur un créneau très étroit.

Depuis quelques mois, je suis un traitement anti-cancéreux avec un médicament, le Sutent, efficace mais très cher. La boite de 30 gélules valait jusqu'à présent, 5675,25€. Il était un peu absurde de vendre 30 gélules quand le traitement consiste en 28 jours de traitement suivi de 15 jours de repos et ceci ad libitum.

Pfizer, le laboratoire qui fabrique ce médicament, vient de remédier à cette absurdité et de modifier son emballage qui ne comprend plus aujourd'hui que 28 gélules vendues… au prix des 30. Soit une augmentation de 7% aux frais de la sécurité sociale (qui prend heureusement complètement en charge ce traitement). La gélule qui valait hier un peu plus de 189€ vaut aujourd'hui près de 203€. Il est vrai que ce médicament est, d'après ce que j'ai pu voir sur internet, vendu encore plus cher aux Etats-Unis (de l'ordre de 215$ la gélule). Il semble, cependant, qu'il soit vendu bien moins cher en Grande-Bretagne (de l'ordre de 118€ la gélule), mais je ne tiens cette information que d'un post dans un forum et elle gagnerait à être confirmée par d'autres sources, et au Canada (155€ la gélule, d'après cette étude).

lundi, février 09, 2009

Garde à vue à Paris un soir de semaine ordinaire

Il y a quelques jours le Monde a publié un long article sur les gardes à vue qui indiquait que 1% de la population française avait été mise en garde à vue l'année dernière. Je le comprends mieux aujourd'hui.

Deux de mes proches viennent de passer, l'un 42 heures, l'autre (une jeune fille qui ne pèse pas 45 kilos) 24 heures en garde à vue pour un incident que je qualifierais au mieux de mineur.

Deux jeunes gens sortent vers 11 heures du soir d'un cinéma à Paris. Quatre autres jeunes gens leur demandent des cigarettes qu'ils refusent de donner. Une altercation s'en suit. Trois voitures sont légèrement endommagées : rétroviseur cassé pour l'une, bosse sur le toit pour la seconde, peinture griffée pour la troisième. L'un des deux jeunes gens (celui qui a refusé de donner ses cigarettes) est mis à terre par ses adversaires, frappé à coup de pieds au visage (il lui reste un hématome sur le cou et des écorchures sur le nez).

La bagarre n'aura duré que quelques minutes, mais un témoin a appelé la police qui arrête un peu plus tard dans une rue voisine les deux victimes des coups. Ils sont menottés et emmenés au commissariat puis dans deux hôpitaux où le médecin accorde au premier trois jours d'ITT, à la seconde, 2 jours.

Pendant toute la procédure, les policiers sont aimables, presque sympathiques (rien à voir avec ceux décrits dans l'article du Monde). lls n'insultent ni ne frappent personne. Ils appellent la jeune fille "madame" et vouvoient tout le monde. Les cellules sont "correctes", la nourriture très médiocre, mais du moins sont-ils nourris. On leur prend, malgré leurs protestations, leur ADN. Et l'OPJ chargé de l'affaire constitue un dossier de plusieurs centimètres d'épaisseur.

Que penser de cet incident? Je me fais les remarques suivantes :
- l'incident s'est passé dans un quartier parisien très calme. Les policiers sont probablement trop nombreux et désoeuvrés (ils sont cinq à les avoir emmenés à l'hôpital) : il leur faut bien occuper leurs soirées,
- on a mobilisé des forces importantes (policiers, médecins, magistrat, avocat) pour un incident sans gravité qui méritait au mieux quelques minutes de dialogue, le temps de prendre les adresses des uns et des autres : n'y a-t-il donc pas plus grave? et quel est le coût pour la société (je me demande si l'ensemble de la procédure n'aura pas coûté plus cher que les quelques dégats occasionnés aux véhicules),
- on a encombré la justice puisqu'il va y avoir un jugement au tribunal d'instance dans quelques semaines,
- on a amélioré les statistiques (deux gardes à vue de plus, une affaire réglée), ce qui fera plaisir au ministre,
- on a appliqué le principe du "zéro tolérance", dont je découvre ce qu'elle signifie : l'absence de hiérarchie entre les faits graves et les autres,
- on a enfin créé deux fiches, enrichi le fichier des suspects potentiels, ce qui renforce ma conviction qu'il faut lutter contre le rapprochement des fichiers même si cela peut améliorer le travail de la police et de la gendarmerie.

Je suis sûr que les règles ont été respectées. C'est sur les règles que je m'interroge. Je ne suis semble-t-il pas le seul si j'en juge par ces échanges sur le Forum de la gendarmerie nationale.

samedi, février 07, 2009

Un nouveau délit : vendre l'Humanité sur un marché?

Seul jusqu'à présent le PC en a parlé, mais au royaume des libertés qui se perdent, voici un bel exemple : Lounis Ibadioune, un militant communiste, a été convoqué au tribunal de proximité pour avoir refusé de payer les 172€ d'amende dorénavant infligés à quiconque vend dans la rue une marchandise (en l'espèce L'Humanité) sans autorisation administrative. Le PC n'est plus ce qu'il était, mais on espère qu'il lui reste assez de forces pour obtenir l'abandon des poursuites et, surtout, la suppression de cette mesure qui visera, outre les vendeurs de l'Humanité, tous ceux qui vendent du muguet le 1er mai, mais aussi ces gosses qui vendent des fleurs sur le bord des routes, les SDF qui proposent à la sortie du métro des journaux…

vendredi, février 06, 2009

Nicoals Sarkozy prochain président d'Areva?

Un journalise a demandé hier soir à Nicolas Sarkozy s'il pensait à 2012 (comme s'il n'y avait pas d'autres questions à poser!). Il a répondu ne vouloir prendre aucun engagement sur une éventuelle candidature à un deuxième mandat. Il a précisé que son "métier est très difficile, qu'il faut beaucoup d'énergie, beaucoup de force pour le faire."

Tant qu'à l'interroger sur son futur, les journalistes auraient pu lui demander ce qu'il ferait s'il ne se représentait pas? Comme on ne l'imagine guère en conférencier (son français pitoyable et surprenant pour un avocat ne l'y incite certainement pas) et qu'on ne le voit guère plus terminer en agent de relations publiques pour Carla Bruni, que lui reste-t-il? La présidence de l'Europe? Mais cela ne dépend pas de lui. A défaut, je l'imagine bien se reconvertissant en présidant d'un grand groupe industriel à dimension mondiale comme Areva. Mais peut-être n'est-ce pas assez brillant pour un homme qui a montré qu'il savait viser loin et qu'il détestait l'ombre. Ceci en tout cas devrait inciter à regarder les décisions qu'il va prendre dans les mois qui viennent sous cet angle.

mardi, février 03, 2009

Casting ministériel

Le Monde indique ce soir que Lilian Thuram, le footballeur a été pressenti par l'Elysée pour devenir ministre. Etrange nouvelle qui confirme que Nicolas Sarkozy a de la composition de son gouvernement une vision assez originale. Il ne tente pas comme ses prédecesseurs de marier techniciens et poids lourds politiques (Delors et Mauroy, Védrine et Fabius, Breton et Douste-Blazy…), il construit une équipe qui associe professionnels de la politique (souvent jeunes et qui lui doivent leur carrière, comme Bertrand, Waucquiez, Pécresse…) et des vedettes actuelles ou à venir des médias (comme Kouchner, Dati, Amara…). L'image, la capacité à en construire une comptent autant que la compétence. Ce choix n'est pas sans avantages : il permet de donner du gouvernement une image de la France réelle, avec des enfants d'immigrés, des noirs… mais il indique aussi que les décisions importantes sont prises ailleurs, à l'Elysée ou dans le cabinet restreint qu'il a créé et qu'on a appelé G7, cabinet où ne figure aucune vedette médiatique (Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Xavier Darcos, Eric Woerth, Nadine Morano).

PS Lilian Thuram donne au journal une interview très intéressante qui montre que tous les footballeurs ne sont pas des imbéciles.

jeudi, janvier 29, 2009

Mouvement social, du bon usage de la communication

Le Président de la République, ses ministres nous le disent et nous le répètent : le mouvement d'aujourd'hui va être important, la mobilisation va être forte. Vraie inquiétude? peut-être, mais je pencherai plutôt pour une opération de communication. De deux choses l'une en effet :

- ou la mobilisation est importante et le pouvoir montre qu'il entend bien la société et a conscience de ses difficultés (ce que faisait ce matin Jean-François Coppé ),

- ou la mobilisation est moins importante que prévu et le gouvernement et sa presse ne pourront que s'en féliciter. Même une forte mobilisation paraîtra faible au regard des attentes.

J'ajouterai qu'à annoncer ainsi la puissance du mouvement social, on contribue à en affaiblir la portée, en incitant les salariés à prendre des jours de RTT.

mercredi, janvier 28, 2009

L'étrange faiblesse de Nicolas Sarkozy

La séquence mini-remaniement/départ annoncé de Rachidat Dati/nomination d'un ministre de la culture bis en la personne de Marin Karmitz éclaire sur l'étrange méthode de gouvernement de Nicolas Sarkozy. S'il veut la reforme pour tout le monde, il a bien du mal à l'appliquer dans son propre gouvernement. Après tout, remanier, dire à des ministres qu'ils ne font plus l'affaire ne devrait pas être si compliqué que cela. C'est le travail de tout chef de gouvernement ou de tout Président de la République. Mais Nicolas Sarkozy semble s'y refuser. Il préfère laisser pourrir la situation jusqu'au moment où le départ s'imposer de lui-même. Cela me rappelle les techniques de ces managers qui plutôt que de licencier des collaborateurs dont ils ne veulent plus créent autour d'eux une atmosphère si déplaisante que ceux-ci finissent pas donner leur démission (ou, plutôt, par proposer une transaction). Plus qu'un refus d'avouer ses erreurs de casting, ce qui serait assez banal, j'y devine une sorte de faiblesse de caractère, un manque de fermeté dans l'exercice du pouvoir. Ce Président, qui donne par ailleurs l'image de l'autoritarisme, fait preuve de beaucoup de timidité lorsqu'il lui faut effectivement être ferme. Cette étrange faiblesse de la volonté est sans doute renforcée par la manière dont Nicolas Sarkozy traite ses mnistres et de manière plus générale son gouvernement. Il les tient à l'écart, prend des décisions sans les prévenir, agit seul, entouré de quelques conseillers. Les deux sont probablement liés : c'est parce qu'il ne respecte pas beaucoup ses ministres, qu'il ne s'en préoccupe guère, qu'il ne leur accorde pas beaucoup de poids politique, qu'il hésite à s'en séparer.

dimanche, janvier 25, 2009

Vous avez dit crise?

On ne parle que de la crise, il parait que les grands magasins ont réalisé de très mauvais chiffres en décembre. Et pourtant, lorsque l'on se promène dans la rue, le samedi après-midi, rien ne parait avoir changé. Toujours autant de monde à la Rhumerie du boulevard Saint-Germain où il faut faire la queue pour avoir une table. Et, toujours la même négligence dans certains commerces comme j'ai pu l'observer du coté de la rue de l'Abbaye et de la rue de Seine. A la recherche de tissus pour recouvrir deux fauteuils, je suis allé rendre visite aux commerçants installés autour de la place Furstemberg, où on les trouve en nombre. Je suis d'abord entré chez Rubelli. Beaucoup de monde dans le magasin, beaucoup, beaucoup, j'y suis resté une vingtaine de minutes à regarder les tissus. Aucune vendeuse n'est venue me proposer son aide. Je vais ensuite chez Manuel Canovas. Le magasin est vide, trois vendeuses bavardent, se plaignent des clients qui les sollicitent, qui cherchent à retenir leur attention. Je regarde quelques minutes les tissus, aucune ne se dérange. Je sors, personne ne me salue. Je me rends ensuite dans deux autres boutiques où l'accueil est de la même veine. Je termine ma promenade, avec Pierre Frey. Il est 18h20. La boutique ferme normalement à 18h30, mais la porte est déjà close. Je frappe à la vitre une première fois, pas de réponse, j'insiste, une vendeuse vient m'expliquer, avec le sourire, qu'elle a des paperasseries à faire et qu'elle a donc décidé de fermer plus tôt. C'est à croire que tous ces commerçants n'ont pas besoin de clients, comme si la crise ne les avait pas encore frappés.

vendredi, janvier 23, 2009

Sans commentaires…


Faut-il en rire ou en pleurer?

Le Monde publie une photo de Fidel Castro avec la présidente argentine, la première que l'on ait vue du lider maximo depuis deux mois. Et que porte-t-il le révolutionnaire qui nous a tant fait rêver? Un survêtement Adidas, avec la marque bien visible. Comme on ne peut pas le soupçonner d'être rémunéré par le fabricant de chaussures, il faut en conclure que cette marque a si bien réussi qu'elle n'a même plus besoin de payer pour que des personnalités dont les images font le tour du monde fassent sa publicité.

Dans ces moments là je pense avec tendresse à mon fils qui arrachait les crocodiles sur les t-shirts que je lui offrais pour ne pas faire gosse de riche.

Y'a bon Banania

Le MRAP proteste contre la présence sur quelques messages publicitaires de la très célèbre image "Y'a bon Banania".



J'ai longtemps pensé, comme le MRAP, que cette image du "gentil nègre" avait des relents racistes et de quoi blesser tous les noirs. Son utilisation il y a quelques années aurait été choquante. Mais l'est-elle encore aujourd'hui? Ce malheureux buveur de cacao est tout simplement un peu niais. Ce qui n'est certainement l'adjectif que l'on voudrait utiliser pour décrire les comportements des Noirs qui vivent en France. Qu'ils soient Antillais ou d'origine africaine ils sont tout sauf niais. Et je doute que beaucoup soient vraiment choqués par cette image qui renvoie à un passé colonial définitivement aboli. Et le fait même que l'on puisse la regarder sans éprouver de gêne en témoigne.

Il est vrai que ce personnage est un peu ridicule, mais pas plus que bien d'autres "héros" de nos publicités. En fait, cette image n'est pas plus dégradante que toutes ces images publicitaires qui font un usage immodéré du corps féminin pour nous vendre tout et n'importe quoi.

Pour ce qui est de l'image des noirs, je serais personnellement plus inquiet (si je devais l'être) de voir que sur nos panneaux d'affichage ils sont souvent représentés comme des voyous un peu inquiétants, membres de gang armés jusqu'aux dents, plus occupés à brutaliser leur prochain qu'à se comporter en citoyens normaux. C'est notamment vrai des publicités pour les films d'origine américaine ou de groupes de rap, comme celle-ci (par ailleurs assez belle) qui a fait l'objet d'interdiction dans certains pays :


Mais faut-il être inquiet? S'il le fallait, l'élection d'Obama a remis ces images à leur place : celles d'un décor pour stations de métro que l'on ne regarde pas.

mercredi, janvier 21, 2009

Eurostar préfère-t-il l'avion?

J'achète des billets de train pour Londres un peu en avance. Eurostar me propose de me les adresser par la poste. Ce que j'accepte. Si j'en crois l'enveloppe, ils ont été transportés par avion :


Mais puisqu'il parait qu'Air France va gérer des trains grande vitesse…