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samedi, mars 10, 2007

Pas facile d'être un journal d'opinion

Les campagnes électorales étaient autrefois pain bénit pour les journaux d'opinion. Elles leur permettaient de mobiliser leurs lecteurs et tous ceux qui, quoique ne les lisant pas régulièrement, partageaient leur préférence. Je crains qu'il n'en aille aujourd'hui un peu différemment. Libération a perdu des lecteurs pendant la campagne sur la constitution européenne, ses choix pour le oui ayant choqué et agacé plusieurs de ses fidèles. La même chose pourrait se reproduire avec cette campagne présidentielle. Seul journal, avec le Nouvel Observateur, à avoir pris le parti de Ségolène Royal, il pourrait se le faire reprocher par ceux de ses lecteurs qui lui préfèrent François Bayrou. Si le rapport de force entre les deux candidats était, comme lors des précédentes élections présidentielles, très déséquilibré (personne n'avait alors imaginé que Chevénement précède Jospin), il lui serait assez facile de garder deux fers au feu. Mais dès lors qu'ils sont au coude à coude, impossible de ménager l'un et l'autre sans heurter les plus militants de leurs lecteurs. Ils sont, donc, condamnés à faire un choix qui, quel qu'il soit, leur fera perdre quelques ventes, ce qui n'est pas une bonne nouvelle dans leur situation. Difficile d'être un journal d'opinion lorsque l'opinion hésite...

samedi, décembre 23, 2006

Bivalence : Insulte-t-on vraiment les enseignants?

Libération a publié dans son édition du 23/12 une lettre d'un lecteur enseignant, Christophe Ricaud, au titre pour le moins inquiétant : "Enseignants en danger"

Le texte ne l'est pas moins. Mais pour d'autres motifs. Le voici :

"Mardi 19 décembre, les enseignants étaient en grève. Je suis étonné qu'ils n'aient pas reçu l'appui des fédérations de parents d'élèves. Les médias n'ont retenu que deux points, financier et horaire. Mais ce qui me fait bondir c'est la bivalence imposée, insultante pour les enseignants, dangereuse pour les élèves. Il est dévalorisant pour un enseignant qui a fait cinq années d'études au minimum, de voir son ministre considérer que, tout compte fait, sa matière sera aussi bien enseignée par quelqu'un qui n'y a plus touché depuis le bac. Il y a belle lurette que le spécialiste d'histoire, même s'il lit le Goncourt ou le prix de l'Académie française, a rompu avec les études littéraires et grammaticales... Parents, étudiants, futurs étudiants, soyez solidaires des enseignants, il y va de votre intérêt. La bivalence ne serait compatible avec un enseignement de qualité que si on l'abordait par le haut : recrutement d'un corps spécifique de bivalents sur la base d'une double qualification."

Si j'ai bien compris, Christophe Ricaud se plaint du manque de solidatité des parents d'élèves qui ne comprendrait pas ce que la bivalence (le fait de demander à des professeurs d'enseigner deux matières à la fois) pourrait avoir de scandaleux.

Pour le parent d'élève que je suis, ce sont les réactions des enseignants qui sont plutôt surprenantes.

Je ne comprends pas, d'abord, très bien comment des gens qui passent leur vie à enseigner pourraient refuser d'apprendre une nouvelle discipline (parce que j'imagine que l'on ne créerait pas de bivalence sans programme de formation des enseignants).

Je me demande ensuite si les compétences requises pour enseigner en sixième sont tellement différentes de celles nécessaires pour enseigner en septième qu'un prof qui enseigne l'histoire dans les petites classes du collège ne pourrait pas enseignerégalement le français.

Je me demande encore ce qui est le plus insultant : de demander à des enseignants de pratiquer la bivalence ou de les croire incapables de préparer un cours de troisième dans une matière qu'ils n'ont pas étudiée à l'Université?

Faut-il, enfin, rappeler que la bivalence existe depuis longtemps : l'hitoire est enseignée avec la géographie alors même qu'il s'agit de disciplines très différentes. Même chose pour la physique-chimie, pour le français, le latin et le grec. A-t-on des études qui montreraient que la bivalence est dans ces deux cas néfaste? Pas à ma connaissance.

La bivalence a des avantages évidents : elle faciliterait certainement la gestion des personnels à l'Education nationale, notamment les remplacements et éviterait que les profs des petites matières (l'allemand, par exemple) enseignent dans plusieurs établissements.

A-t-elle des inconvénients? peut-être, mais pas ceux que l'on nous dit.