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vendredi, septembre 07, 2007

Rien ne vaut un regard d'ailleurs

Il y a quelques années, alors que j'étais abonné au Wall Street Journal et que je le lisais tous les jours, j'avais remarqué qu'on avait plus facilement dans ce journal américain des informations sur ce qui se passait en Europe que dans les presses européennes qui avaient les yeux fixés sur les informations locales.

Dans un registre un peu différent, il me semble que l'une des sources d'information les plus riches sur ce qui se passe en France nous vient actuellement des Etats-Unis. Je veux parler du blog sur la société français et son actualité que tient très régulièrement l'excellent Arthur Goldhammer. On y découvre l'actualité vue par quelqu'un qui vit à Boston et qui fait des choix souvent très pertinents, qui éclairent en tout cas bien mieux que les mises en page de nos journaux sur ce qu'il y a de plus étonnant dans l'actualité politique ou économique. Godhammer travaille avec de la presse et d'internet, mais sa lecture est un délice. Vraiment!

jeudi, février 01, 2007

Le ralliement d'André Glucksman fait pschiit

Le ralliement, il y a quelques jours, d'André Glucksman à Nicolas Sarkozy a décidément fait pschiit. Il suffit de lire la blogosphère pour en juger. La plupart des bloggueurs n'en ont même pas parlé, comme en témoigne ce sondage impitoyable de Technorati :


Autant dire que tout le monde, ou presque, s'en moque. Faut-il ajouter que ceux qui ont parlé de ce ralliement, bien loin d'être aimables avec Glucksman et Sarkozy, ont rappelé que tous deux étaient favorables à l'intervention américaine en Irak, ce qui n'est évidemment pas de nature à aider Nicolas Sarkozy dans sa campagne.

La blogosphère se révèle en cette occasion, comme en d'autres lors de cette campagne électorale un formidable révélateur de l'opinion qui fonctionne de manière originale : en posant des questions, les sondeurs aident les personnes qu'ils interrogent à se former une opinion (ne serait-ce qu'en choisissant entre plusieurs options), le web témoigne de toout autre chose : de l'intérêt que l'on a à avoir une opinion sur un sujet : si l'on n'en pense rien, on n'en parle pas, un point c'est tout. Ce ralliement est un non événement parce que personne n'a d'opinion dessus.

mercredi, janvier 17, 2007

La campagne électorale et la blogosphère

Cette campagne électorale sera la première à laquelle la blogosphère va participer massivement (voir là-dessus, l'enquête de l'observatoire de la netcampagne qu'a mis en place l'Ifop qui relativise, 10% seulement des internautes visitent les sites politiques, mais estime tout de même que cela représente de 2 à 3 millions de personnes). Elle a commencé de le faire à sa manière qui n'est pas celle des médias classiques dont le rôle est amené à évoluer. On peut dores et déjà faire quelques remarques :

- la communication à l'ancienne, telle que la pratique Nicolas Sarkozy sur son blog n'est pas satisfaisante : les photos trop léchées (trop visiblement retouchées), les réponses "spontanées" au micro-trottoirs, tout cela sonne creux et faux : la blogosphère a son style, ce n'est pas celui des plaquettes politiques traditionnelles ;

- les rumeurs ne circulent plus tout à fait de la même manière : elles sortent plus rapidement de la semi-clandestinité, ce qui force les candidats à y répondre plus vite (exemple, la polémique sur la feuille d'impôts des Hollande). Elles gagnent à être écrites et diffusées largement une sorte d'autorité qui permet de les citer dans les grands médias et, ainsi, de les officialiser. Si la rumeur n'avait été que de bouche à oreille, le député UMP Jacques Godfrain n'aurait certainement pas pris le risque de la révéler dans une interview à la Dépèche du Midi (ne serait-ce que parce que des poursuites en diffamation perdent beaucoup de leur sens lorsqu'une information a circulé sur de nombreux sites) ;

- le partage entre le privé et le public s'estompe. On l'a vu tout récemment avec l'exécution de Saddam Hussein. Cette exécution qui aurait du être privée a fait le tour du monde grâce à un téléphone portable et à internet. Les propos que Ségolène Royal avait tenu sur le temps de travail des enseignants avait de la même manière quitté l'intimité d'une réunion de militants pour se retrouver dans l'espace public ;

- les grands médias ont emboité le pas à la blogosphère et bien loin de la combattre ou d'en réduire l'influence, ils mettent leurs moyens à sa disposition (papiers de la presse écrite qui citent des blogs, appel des grandes chaînes de télévision aux images des internautes, comme France 2 qui vient de créer un espace dédié à la campagne présidentielle sur GoogleVidéo) ;

- de nouveaux acteurs s'imposent dans le débat public : les experts, économistes, sociologues, juristes dont les opinions "éclairées" sortent de la semi-clandestinité pour être affichées en plein jour. Le projet de droit au logement opposable a été une des premières mesures gouvernementales à faire les frais de cette montée en puissance des experts : en quelques jours, les juristes qui connaissent le dossier on décortiqué, critiqué le projet gouvernemental et fait connaître leur scepticisme. Sans la blogosphère ces réflexions seraient restées éparpillées, réservées aux proches de ces juristes.

Tout cela suggère un contrôle beaucoup plus serré de l'opinion sur les candidats, mais également des mécanismes nouveaux de formation de l'opinion. Les politiques n'ont plus l'exclusivité des propositions et des discours politiques. La société civile se réapproprie une partie de ces discours.

Autant de défis nouveaux pour les candidats. Ségolène Royal sans doute trouvé le mot juste en parlant de transparence et en demandant à Nicolas Sarkozy de publier également ses feuilles d'impôt. Mais la campagne ne se joue pas que dans la blogosphère comme le montre la montée en puissance de Sarkozy après sa grand-messe réussie du 14 janvier.