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dimanche, octobre 07, 2007

Immigration : préoccupations néo-zélandaises

Pendant que le Parlement français défaitquelques principes essentiels (dont la définition de ce qu'est une famille), au nom de la lutte contre la fraude aux papiers, les néo-zélandais s'interrogent, de manière infiniment plus sérieuse sur la politique à construire pour faire face aux migrations climatiques qui pourraient, dans les 20 ans qui viennent, concerner de 2,3 à 150 millions de personnes dans la seule zone Asie-Pacifique qui intéresse la Nouvelle-Zélande. Quel statut leur donner? Comment les recevoir? Comment construire une économie capable de les accueillir?

La discussion n'est pas facile, on s'en doute, dans un pays de 4 millions d'habitants. Mais ce sont des questions autrement importantes pour l'avenir que la lutte contre la fraude. Ce sont de celles que l'on aimerait voir abordées par un ministère de l'immigration, puisque ministère il y a. Mais non, il préfère ajouter des cadenas aux serrures existantes.

jeudi, septembre 13, 2007

L'immigration : terrain d'expérimentation

Il y a des informations qui devraient ramener rapidement à la réalité ceux qui se sont laissés séduire par la jeunesse et le dynamisme de Nicolas Sarkozy. Le titre du Monde de ce soir est de celles-là : Tests ADN pour certains candidats à l'immigration qui nous rappelle de manière particulièrement crue que la lutte contre l'immigration a, de tous temps, été un terrain d'expérimentation de toutes les mesures de contrôle de la population. Si l'on accepte aujourd'hui les tests ADN pour les immigrés, pourquoi les refuser demain pour telle ou telle autre catégorie de citoyens? Il ne s'agira que d'une extension banale.

Quand on pense à Kouchner et à tous ceux qui se disaient il y a quelques semaines encore de gauche… S'ils se souciaient un peu plus que de leur carrière, ils claqueraient la porte.

jeudi, mars 22, 2007

Curiosa politiques

Il y a chez les antiquaires ce que l'on appelle les curiosa, ce sont des objets insolites, parfois érotiques, qui toujours intriguent. La politique connaît aussi ces curiosités, ce sont ces électeurs issus de l'immigration qui disent vouloir voter Le Pen. Ils sont certainement très peu nombreux mais une journaliste du Monde en a trouvé trois ou quatre qui ont accepté de donner leur nom et de se laisser photographier. On se demande à les écouter s'ils ont bien compris le film, mais peu importe, ils apportent dans cette campagne une note pour le moins inattendue.

lundi, janvier 01, 2007

Histoire sans commentaires

C'est l'histoire d'une jeune ivoirienne, installée en France depuis cinq ans, qui garde des enfants à la plus grande satisfaction des parents qui lui ont confié les leurs. Au bout de quatre ans, fatiguée de vivre sans papier, de n'être payée qu'au noir, elle achète des papiers, se fait déclarer et ouvre un compte en banque au Crédit Lyonnais (LCL comme on dit maintenant).

Ell y dépose de l'argent, prend une carte bancaire, puis cherche à tirer de l'argent sur son compte. Le distributeur avale sa carte. Elle téléphone à sa banque qui lui dit : "nous avons effectivement un petit problème, il faudrait que nous prenions rendez-vous." Chose faite. Comme elle garde des enfants, deux nourrissons, elle se rend à l'agence avec ces deux enfants.

Là, deux policiers en civil l'attendent, avertis par la banque qui a découvert que ses papiers étaient faux. Ils l'emmènent au commissariat avec les deux bébés. Destination : centre de rétention avant, sans doute, expulsion. Le commissariat téléphone aux mamans leur disant : il faut que vous veniez chercher votre bébé au commissariat sans plus d'explication ("nous ne pouvons pas vous en dire plus…).

Cela s'est passé à Paris, il y a quelques semaines. Je tiens le récit de l'une des deux mères qui ne s'en est pas encore remis.

dimanche, octobre 08, 2006

Banlieue : Stratégie de la tension?

Nicolas Sarkozy a-t-il choisi la stratégie de la tension? Veut-il relancer les émeutes en banlieue? Souhaite-t-il que se multiplient les incidents? Il fait en tout cas tout pour comme le suggère la lecture de ce courrier adressé le 8 octobre par le Réseau enfants sans frontières qui tient le compte des enfants sans papiers que l'aministration expulse.

"SUZILENE ELEVE DU LP VALMY (COLOMBES –92-) EN RETENTIONLundi 02 octobre les élèves du lycée professionnel Valmy de Colombes dans les Hauts-de-Seine, ont appris que leur camarade Suzilène était en centre de rétention à Paris. Pour la soutenir une pétition a été diffusée dans le lycée et au-delà. l'émotion et l'inquiétude ont été très vives et aujourd'hui, elles font place à la colère.

Une tension très forte est perceptible dans l'établissement, la plupart des enseignants sont solidaires.


Les délégués se réunissent lundi 9 octobre pour s'informer de l'évolution de la situation et décider de la poursuite de la mobilisation.

Le 29 septembre Suzilène emmène son petit frère de 16 mois à la crèche, elle est interpellée par la police avec une de ses camarades et placée en centre de rétention à Paris sur l'Ile de la Cité. L'administration préfectorale des Hauts-de-Seine lui notifie un APRF avec le Cap Vert comme destination. Lundi 2 octobre au matin, le lycée Valmy est informé. Dans l'après-midi, Suzilène est présentée devant le juge des libertés qui décide son maintien en rétention.
Mercredi 4 octobre le tribunal administratif se déclare incompétent (à notre connaissance) pour pouvoir annuler l'Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière (APRF), la délibération a duré 2 heures et c'est avec embarras que le juge rend sa décision en présence de représentants d'enseignants du lycée et de représentants syndicaux membres du RESF
Le Réseau Education sans frontière est en alerte maximum : les autorités académiques, Rectorat et inspection académique sont informés de la situation ; les élus de la municipalité de Colombes, conseillers généraux et régionaux, députés et sénateurs sont interpellés par RESF.

De jeudi à vendredi la mobilisation s'étend, la FERC-cgt et la FSU interpelle le Ministre de l'Education et le ministre de l'Intérieur sur la situation des jeunes scolarisés sans papier. Un préavis de grève national est déposé par la FERC cgt et un préavis départemental est déposé par la FSU92 pour assurer la protection des élèves qui se sont vus délivrer un APRF et qui risquent la mise en rétention comme Suzilène.

Vendredi, le secrétaire général de la préfecture des Hauts-de-Seine nous informe que Suzilène repassera devant le juge des libertés mercredi qui selon lui est le seul habilité à la faire libérer. Nous attendons la confirmation écrite de cette 3ème convocation devant le juge. Le secrétaire général nous fait remarquer que le dossier de Suzilène est étudié avec attention. Il précise aussi que l'administration ne fera pas de zèle!

Lors de notre entretien téléphonique nous lui faisons remarquer que la situation est particulièrement explosive au lycée Valmy comme dans l'ensemble des établissements scolaires où personnels et élèves sont extrêmement choqués par les APRF delivrés par les autorités."

Le courrier poursuit avec d'autres histoires du même type et c'est ainsi chaque semaine depuis des mois. Y a-t-il volonté délibérée de créer de la tension? ou, plus simplement inconscience politique et administrative? Il est bien difficile de trancher. Reste que l'on se trouve devant une situation qui peut conduire au pire et lors que les voitures brûleront il sera trop tard pour se plaindre. On ne pourra en tout cas pas dire que l'on n'aura pas été averti!